Journal REsistance SOciale n°177
Janvier 2019

Au sommaire ce mois-ci :

p.1 et 2 : L’édito / p.3 à 5 : Place au débat / p. 6 et 7 : Actu sociale / p.8 : Coup de gueule

L’édito de Marinette Bache

Depuis le 17 novembre, donc près de 2 mois et demi un grand mouvement populaire revendicatif, revêtant une forme toute nouvelle, traverse la France. Il bénéficie, malgré le pilonnage de médias à la solde de la macronie, d’un large et durable soutien des Français.

Pourtant tout est fait pour le discréditer, particulièrement par la mise en exergue de quelques « leaders » -désignés comme tels par quelques « journalistes » ou officines gouvernementales- aux prétendues accointances d’extrême droite. N’est-on pas allé jusqu’à ce que certains, à gauche, militants, partis ou syndicats, déboussolés par cette révolte spontanée, affichent leur méfiance, quelquefois leur rejet ? Heureusement cette période est derrière nous.

Comme pourrait-il en être autrement ? Les revendications des « Gilets jaunes (GJ) » nous sont familières. Elles portent une profonde fibre sociale. Exprimées par des mots et des expressions qui ne sont pas les nôtres car les GJ ne sont que rarement de milieux militants, elles concernent les salaires et le pouvoir d’achat, les taxes, l’ISF et la justice fiscale, l’aménagement du territoire, les transports et les services publics de proximité. Elles exigent également reconnaissance et dignité.

Sont-ce des revendications de droite ? Bien sûr que non ! Certes il y a des infiltrations mais ce ne sont que des manœuvres ; évitons d’en faire des généralités, ce n’est pas rendre service à ce mouvement, mais c’est faire le jeu de Macron. Par contre, c’est vrai qu’ils n’ont guère confiance en la gauche ; après tant de trahisons, on peut comprendre. A nous de revenir à la hauteur.

L’autre voie employée pour discréditer les GJ passe par l’accusation systématique de violence. D’abord, même si à RESO, nous ne tomberons jamais dans « l’anti-police » systématique, nous ne pouvons passer par pertes et profits l’attitude inadmissible d’une poignée de policiers qui déshonorent leur profession par leur conduite. Et surtout nous affirmons que les plus hautes autorités se discréditent par leur gestion des manifestations. Ensuite, oui, il y a eu des débordements à Paris, 2 samedis de suite, et dans quelques grandes villes de province. Une observation honnête y relève toute de suite l’infiltration des mêmes casseurs savamment utilisés, dans le mandat précédent, pour déconsidérer les manifs contre la loi El Khomri. On connait désormais bien cette tactique du pouvoir. On a aussi eu affaire aux perturbateurs dits de l’ultragauche, souvent issus de milieux bourgeois, bien éloignés des difficultés salariales et venus se donner le frisson en « cassant du flic ». Plus grave, les identitaires de l’extrême droite, racistes et antisémites, ont essayé de dévoyer le mouvement.

Qu’a-t-on constaté ? Que, très majoritairement, ils ont été rejetés par les vrais « Gilets jaunes », ceux issus du peuple et qui se relaient pour occuper les ronds-points et participer aux manifs du samedi que le gouvernement n’arrive pas à stopper.

Meilleurs vœux pour 2019
L’équipe de Résistance sociale vous présente ses meilleurs vœux pour la nouvelle année.
Journal REsistance SOciale n°176
Décembre 2018

Au sommaire ce mois-ci :

p.1 : L’édito / p.2 : Solidarité internationale / p.3 à 6 :]] Place au débat / p.7 : Coup de gueule / p.8 : Hommage à Bernard DEFAIX

L’édito de Marinette Bache

Il a donc parlé. Après 3 semaines de silence devant une révolte populaire d’une ampleur inégalée depuis des décennies, E. Macron s’est décidé à s’adresser aux Français par une allocation télévisée de 13mn. En attendions-nous vraiment quelque chose ? J’en doute. Mais, s’il y avait quelques indécrottables optimistes, les voilà ramenés à la dure réalité. Qu’a-t-il annoncé ?

*Une augmentation de 100€ mensuels du SMIC. Mensonge. L’employeur ne paiera rien ; il n’y aura aucune cotisation (donc de droits liés) sur ces 100€. Il s’agit, en fait, d’une légère augmentation de la prime d’activité payée, elle, par les impôts des Français. Et encore ne s’agit-il que d’une anticipation du rattrapage promis, qui devait se faire en 3 fois (30€ en avril 2019, 20€ en avril 2020, 20€ en avril 2021). Tant mieux pour l’avance… mais il n’empêche que l’augmentation réelle de cette prime d’activité assumée par l’État sera de… 30€ !

*Les retraités sont salués avec insistance… mais récupèrent des miettes : la hausse de la CSG est suspendue pour 2019 pour ceux dont le montant brut de la pension est inférieur à 2000€ ? Chacun a bien compris qu’il s’agit d’un « reculer pour mieux sauter » !

*Autre mesure : la défiscalisation des heures supplémentaires. Qui peut mieux en parler que Castaner, avant qu’il soit ministre ? Je cite : « La défiscalisation des HS, c’est 4 milliards de coût et 100 000 emplois perdus, ne l’oublions pas ». Nous n’oublions pas, Monsieur Castaner : eh oui, à part un nouveau cadeau au patronat, cette mesure n’apporte rien. Que dire de plus ?

*Que E. Macron ose regretter la disparition des services publics… quand il l’organise avec méthode et sans nuance par ailleurs.

*Qu’il n’est absolument pas question de revenir sur la suppression de l’ISF. Quand on est le président des riches, on le reste ! Et on prétend que les pauvres ont bien de la chance d’avoir des riches pour que ça « ruisselle ». *N’évoquons pas la demande d’E. Macron au patronat de consentir à octroyer une prime exceptionnelle à leurs salariés. Sans commentaire sur le séreux de ces propos ! Ça ne vous rappelle pas une autre « blague », lorsqu’il avait suggéré poliment aux propriétaires de baisser les loyers ? A propos, cependant, il est le « patron » des fonctionnaires. Vont-ils avoir droit à cette prime ?

*N’évoquons pas non plus l’exil fiscal ! Mais sachez-le : ce n’est pas bien. Quand E. Macron veut se donner des airs de président à l’écoute, voilà ce que ça donne ! Il ne réussit même pas à masquer sa condescendance. Il n’a pas, non plus, réussi à tromper. (...)

Les 14, 15 et 16 décembre 2018
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE LA CONVERGENCE DES SERVICES PUBLICS

Les 14, 15 et 16 décembre 2018

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE LA CONVERGENCE DES SERVICES PUBLICS

Maison des syndicats - 11 rue des archives - Métro Créteil-Université - Ligne 8

Documents joints
Document (PDF - 109.1 ko)
Journal REsistance SOciale n°175
Novembre 2018

Au sommaire ce mois-ci :

p.1 et 2 : L’édito / p.2 : solidarité internationale / p.3 à 6 : Place au débat : financement de la Sécurité Sociale 2019 / p. 7 : Actualité sociale / p.8 Coup de gueule

L’édito de Marinette BACHE :

Nous sortons des cérémonies de célébration de l’armistice de la 1ère guerre mondiale. Le Président n’a pas été capable de traverser cette période –pourtant propice à unité nationale- la tête haute. Outre son invitation à Erdogan, l’islamiste turc, qui a saisi l’occasion pour défiler dans les rues de Paris en faisant le signe des Frères Musulmans, outre, à rebours, « l’oubli » d’inviter la Serbie, alliée fidèle de la France dans ce conflit, Macron a osé évoquer Pétain, le collaborateur antisémite, traitre à la nation, dégradé, frappé d’indignité nationale et démis de tous ses titres, condamné à mort à la Libération (peine commuée par De Gaulle en raison de son âge), parmi les maréchaux à honorer.

Une gaffe de plus ? On peut se poser la question.

Sur le fond d’abord : Macron n’aime ni son peuple (faut-il rappeler, ce que je faisais dans mon précédent édito, les expressions qu’il emploie pour parler des Français ?), ni l’histoire républicaine et universaliste de la France. Il se rattache profondément à cette prétendue « élite » totalement mondialisée. Sur la forme ensuite : pendant qu’on parle de ça, on ne parle pas d’autre chose ! On ne parle pas des cadeaux fiscaux aux plus riches et aux entreprises du CAC40. On ne parle pas de la dégradation du pouvoir d’achat. On ne parle pas des hôpitaux qu’on ferme, des bureaux de poste qui disparaissent, de l’énergie qu’on privatise, de l’augmentation de l’emploi précaire… et on ne parle de la fausse augmentation des feuilles de paie obtenue par la baisse des cotisations sociales, bref par un cadeau fait aux patrons avec la baisse du salaire différé. On ne parle pas de la réforme en préparation de la sécurité sociale qui a pour but, en en baissant le financement et en en accélérant le changement de sa forme de financement, de terminer de soustraire sa gouvernance des mains des représentants des salariés.

REsistance SOciale
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Marinette BACHE